Exposer sa vision d’une pièce d’art à travers son propre art, c’est ce que Maria Grazia Chiuri et Pierpaolo Piccioli ont proposés à travers 55 pièces. Le duo créatif chez Valentino nous a fait découvrir une véritable exposition, culturelle et luxueuse.

Pourquoi suis-je aussi excitée par cette collection? Pourquoi utiliser un champ lexical artistique?

Parce que cette collection Haute Couture été 2014 est une absolue merveille.

A la question la mode est elle un art, la réponse est non. A la question, les couturiers sont ils des artistes, la réponse est, cela dépend de qui on parle.

Lorsque qu’une telle collection apparait, que je ressens comme une proposition, une lecture d’un exposé, une démonstration d’émotions ressenties et retransmises, je m’assoie, je savoure et je m’émeus.

Valentino, Haute Couture été 2014

Valentino, Haute Couture été 2014

Valentino, Haute Couture été 2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il faut dire que la maison Valentino tape dans le mille. Une de mes périodes favorites dans l’Histoire de l’Art est l’orientalisme. Un de mes opéras français préféré est Lakmé. Logiquement je suis heureuse. Ou plus exactement, logiquement je suis toute ouïe. Imaginez ma mauvaise humeur si la collection avait été monstrueuse …

Valentino, Haute Couture été 2014.

 

 

 

 

 

Ici, chaque pièce représente la vision d’un opéra, ou d’un personnage du livret d’un opéra, cher au duo de créateurs. Je ne vais pas ici décrire les 55 pièces, mais essayer d’illustrer la réflexion des deux artistes. Et vous dévoiler que l’objet qu’est une de leur robe est la mise en abîme de la profonde maitrise de leur art.

Prenons l’exemple de ce que Lakmé de Delibes a pu provoquer chez Maria Grazia et Pierpaolo. Nous avons à faire à des gens qui : écoutent cet opéra, le ressente, l’ étudie, s’en impreigne à un tel point qu’ils se mettent face à une feuille pour dessiner leur émotion, pour la transposer en « clé de tissu », ramènent tout ça dans leur mission de respect des codes de la maison Valentino pour qui ils travaillent, et summum du clin d’oeil à l’oeuvre originelle,  font appel aux plus beaux artisans français pour les faire travailler sur une interprétation d’un opéra typiquement français (l’écriture de Delibes avec ses lignes mélodiques pures et la souplesse de ses modulations est très française). Pour enfin présenter cette pièce pendant la Haute Couture Parisienne! Quel merveilleux processus créatif.

Si la Haute Couture devrait toujours être de la haute voltige,  Maria Grazia Chiuri et Pierpaolo Piccioli parviennent, en insufflant de la culture à leur sublime raffinement, à créer du beau intemporel. Collection de qualitées pour le moins indispensables  en 2014, pour continuer de justifier une Haute Couture regardée par tant et accessible à si peu.

J.L.

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